Elle transforme les tissus oubliés en abat-jour

Artisanat
Depuis plus de quarante ans, Michèle Gervais confectionne des abat-jour uniques, donnant une seconde vie aux tissus anciens.
Dans son atelier, situé boulevard du Luxembourg, les tissus s'entassent. Michèle fabrique des abat-jour depuis 1985. Plus de quarante ans de savoir-faire qu'elle continue d’entretenir."Je n'aurai jamais pensé que cela deviendrait mon métier", explique celle qui a lancé son auto-entrprise en 2009.
C'est une précurseur de la seconde main. "Lorsque j'étais antiquaire avec mon mari, les clientes nous donnaient parfois leurs tissus sales et abimés. Je me disais que cela serait très dommage de jeter ces linges de maison autrefois magnifiques, souvent ornés de monogrammes." Elle a donc commencé à les recycler pour en faire des abat-jour. "Je souhaite avant tout mettre à l'honneur de magnifiques broderies"
"C'est une passion plus qu'un travail"
La voilà lancée dans cet artisanat qu'elle perpétue jusqu'à aujourd'hui. "C’est une passion plus qu'un travail, je n'ai pas encore fait tous les abat-jour que j'ai en tête." Pendant plusieurs années, elle utilisait principalement d'anciens draps.Depuis, elle a élargi les possibilités. Les tissus qu'elle utilise sont multiples: draps, torchons, nappes, robes... Elle se fournit également à la foire aux tissus à Marcey les grèves. Les textiles qu'elle récupère sont souvent en mauvais état. Cependant elle a sa recette de grand-mère pour leur redonner leur éclat. "Je les laisse plusieurs semaines, voir plusieurs mois, dehors, à la lumière du soleil, de la lune et sous la pluie. Ils redeviennent blanc sans aucun produit." Ensuite, elle peut les utiliser pour ses productions.
Une infinie de possibilités
Elle n'achète pas d'abat-jour tout faits sur lesquels elle apposerait son tissu; elle les confectionne elle-même."J'ai des dizaines d'anneaux de différentes tailles et formes, ce qui me permet de m'adapter à mon tissu." Après avoir chois les deux anneaux elle réalise le patron à l'aide d'une formule mathématique. Celui-ci lui permet de découper au millimètre près le tissu et le polyphane, le plastique adhésif qui constitue l'intérieur de l'abat-jour. "Il y a une infinité de possibilités, je ne fais jamais le même abat-jour." Elle propose également d'imprimer des photos sur ses productions. "C'est une idée de cadeau personnalisé." Elle reçoit des commandes mais elle produit également selon ses inspirations." Je suis environ à 50/50.Je les mets en vente lors de salons ou de marchés de Noël."Toutes ces techniques de fabrication et son histoire sont à découvrir lors des visites du jeudi auxquelles elle participe depuis plus de 20 ans.
Pratique
Atelier Un bruit qui court, 13 bd du Luxembourg.
Visite 10 septembre à 10h30.
























